POURQUOI CE LIVRE?
C'est un projet que j'avais en tête depuis plusieurs années. Je suis un homme de dossiers, j'en ai fait des centaines dans ma vie, souvent techniques dans le cadre de mon travail ou de mon activité voile. J’avais envie d'écrire autre chose.
QUELLE A ETE VOTRE MOTIVATION?
Tout est parti d'une idée simple : raconter la vie de ma mère quand elle était enfant, avec une approche un peu différente du simple récit et une place importante donnée au contexte boulonnais de l'époque.
COMMENT AVEZ-VOUS ORGANISE CE TRAVAIL?
J’ai eu une démarche de technicien : c'est un peu normal, c'est mon métier. J’ai défini les chapitres et les périodes, préparé un questionnement précis : il fallait absolument donné un cadre au travail avec ma mère. Il y a eu en plus un travail de recherches important, des dizaines d'heures de lecture à la bibliothèque municipale et enfin la découverte de la maison de la Beurière.
ET LE TRAVAIL D'ECRITURE?
C'est un long travail qui nécessite avant tout de la disponibilité et de la concentration. J'y ai pris un plaisir incroyable. C'est une émotion permanente. Bizarrement, je n'ai jamais éprouvé l'angoisse de la feuille blanche.
QUE VOUS A APPORTE LA MAISON DE LA BEURIERE?
J'y ai fait la connaissance de gens sympas qui m’ont donné accès à une bibliothèque très intéressante dédiée au monde de la marine boulonnaise. J'y ai aussi découvert une ambiance incroyable, j'avais l'impression d’être dans mon livre, avec les objets, les couleurs, la mise en scène, les adhérents qui discutent dans un patois boulonnais impeccable : c'est vraiment une reconstitution fidèle du quotidien des familles de marins de Saint-Pierre au début du 19ème siècle
Y-A-T-IL EU D'AUTRES RENCONTRES IMPORTANTES PENDANT L'ECRITURE DE CE LIVRE?
Bien sûr, mon ami Alain Duval. Quelqu'un que je connaissais déjà pour ses talents dans le domaine de la vidéo. Il a accepté spontanément de remplir la lourde fonction de correcteur. Une tâche difficile, qui l'a obligé à lire et à relire le livre un certain nombre de fois.
Il a tout de suite adhéré à mon projet. Je savais qu’il était d'une disponibilité sans limites quand il travaille sur un projet qui l'intéresse : je l’avais déjà constaté lorsque nous avons réalisé ensemble deux ou trois films sur la voile. C’est quelqu’un d’admirable, il est des rencontres qui marquent dans la vie, ma rencontre avec Alain fait partie de celles-là. Bien que très différents – je suis marin dans l’âme, lui est résolument un terrien – nous avons des goûts communs et des qualités complémentaires.
Je lui serai éternellement reconnaissant de m'avoir accompagné dans mon projet.
ET LA PRINCIPALE INTERESSEE?
Au début du projet, ma mère pensait que ce livre resterait dans le cercle familial. Elle n'aime pas trop que l'on parle d'elle. Rien ne l'énerve plus que les gens extravertis. Sa grande richesse, elle la puise dans l’amour qu’elle donne sans compter. Je suis un fils ingrat, souvent absent du quotidien de ma mère, cette aventure aura donc été pour nous deux l’occasion de passer beaucoup de temps ensemble. Ma mère a une qualité rare de nos jours : elle ne supporte pas l’injustice. C’est sans doute le souvenir du cœur de salade. Je le dis dans le livre, je le répète ici : je suis fier d’être son fils.

Jean-François Demay, 53 ans, enseignant, marié ( à une fille de marin ) , père de 3 enfants, 2 petits enfants.

Jean-François Demay a toujours été attiré par la mer. Mais il n'en a jamais fait un espace de travail. Au contraire, la mer deviendra pour lui un immense terrain de jeu. Régatier reconnu, il naviguera sur toutes les mers d'Europe, de Brenskens, en Hollande, à La Rochelle ; du Cap d'Hague à Menton, de Plymouth au phare du Fastnet en Irlande.
Des milliers de milles en régate à assouvir cette passion dévorante.
Beaucoup de victoires, mais aussi beaucoup de défaites, c'est un sport d'humilité.
"Chaque régate est un nouveau combat, sur l'océan bien sûr, mais aussi et surtout sur soi-même".